Psychotraumatisme et violences
Certaines expériences peuvent continuer à avoir des effets bien après qu’elles se sont terminées. Un accompagnement peut aider à comprendre ce qui reste actif, à retrouver davantage de sécurité et à réduire progressivement l’impact du passé dans le présent.
Traumatismes • Violences intrafamiliales • Emprise • Violences conjugales • Violences sexuelles
Comprendre les effets du psychotraumatisme
Quand le passé continue d'agir dans le présent
Certaines expériences peuvent dépasser, à un moment donné, nos capacités habituelles à y faire face. Il peut s’agir d’un événement ponctuel, mais aussi de violences, de situations d’emprise ou d’expériences répétées ayant progressivement fragilisé le sentiment de sécurité.
On parle de psychotraumatisme lorsque l’expérience vécue ne parvient pas à être pleinement intégrée comme appartenant au passé et continue à produire des effets dans le présent. La personne peut savoir que l’événement est terminé tout en continuant, par moments, à le ressentir comme s’il était encore actuel.
Cela peut notamment se manifester par des reviviscences : souvenirs ou images qui s’imposent, cauchemars, sensations corporelles, émotions très intenses ou impression de revivre certains aspects de l’expérience. Une situation, une parole, une odeur, un lieu ou parfois une sensation corporelle peuvent réactiver brutalement ce qui a été vécu.
D’autres réactions peuvent également apparaître : évitement de ce qui rappelle l’événement, état d’alerte persistant, difficulté à se détendre, réactions émotionnelles intenses, sentiment de figement, difficultés à faire confiance ou à poser ses limites.
Certaines de ces réactions peuvent être comprises comme des réponses de protection mises en place face au danger : rester en alerte, éviter ce qui rappelle l’événement, se figer ou se couper de certaines sensations. D’autres, comme les reviviscences, témoignent plutôt du fait que l’expérience traumatique continue à se réactiver dans le présent. Ces réactions peuvent devenir source de souffrance lorsqu’elles persistent alors que la menace n’est plus actuelle.
Quand le corps reste en alerte
Les expériences traumatiques ne s’expriment pas uniquement à travers les pensées ou les souvenirs. Le corps peut lui aussi continuer à porter les traces d’un état d’alerte.
Cela peut se manifester par des tensions, une agitation intérieure, des troubles du sommeil, une sensation d’oppression, une fatigue importante, des réactions corporelles difficiles à comprendre ou, au contraire, une impression de figement ou de déconnexion de ses sensations.
Lorsqu’une douleur ou une maladie chronique est présente, le stress, les émotions et les sensations corporelles peuvent s’influencer mutuellement et accentuer certaines difficultés au quotidien.
J’accorde donc une place au vécu corporel dans le travail thérapeutique : repérer ce qui se passe dans le corps, reconnaître les signes d’activation ou de débordement et développer progressivement des ressources permettant de retrouver davantage de stabilité.
Violences et relations d'emprise
Les violences peuvent être physiques, sexuelles, psychologiques, conjugales ou intrafamiliales. Elles peuvent être ponctuelles ou s’inscrire dans la durée.
Lorsqu’une personne a été régulièrement dévalorisée, menacée, contrôlée ou amenée à douter de ses propres perceptions, ces expériences peuvent altérer le sentiment de sécurité, brouiller les repères relationnels et fragiliser la capacité à identifier ses besoins et ses limites. La confiance en soi peut être fragilisée ; la honte, la culpabilité ou la confusion peuvent persister.
Le travail thérapeutique peut alors permettre de mettre progressivement du sens sur ce qui a été vécu, reconnaître les mécanismes de protection qui se sont construits et restaurer la possibilité de se sentir davantage en sécurité dans la relation à soi et aux autres.
Le travail thérapeutique autour du psychotraumatisme
Dans le psychotraumatisme, comprendre intellectuellement ce qui s’est passé ne suffit pas toujours.
Une personne peut savoir qu’elle est aujourd’hui en sécurité tout en continuant à ressentir, dans son corps ou dans ses réactions, que le danger est encore présent.
Une partie du travail consiste donc à restaurer progressivement un sentiment de sécurité, à mieux repérer ce qui active l’état d’alerte et à développer des ressources permettant de revenir plus facilement à un état de stabilité.
Mon accompagnement s’inscrit dans une approche intégrative. Selon les besoins, le travail peut s’appuyer sur la parole et la compréhension de l’histoire personnelle, mais aussi sur les émotions, les réactions corporelles et les ressources.
Je suis notamment formée à l’ICV – Intégration du Cycle de la Vie – et je poursuis actuellement ma formation autour des stratégies de régulation du système nerveux, afin d’accorder une place croissante au vécu corporel et à la restauration de la sécurité dans l’accompagnement du psychotraumatisme.
Le travail thérapeutique ne vise pas à réduire la personne à ce qu’elle a vécu. Il s’agit aussi de reconnaître ses ressources, de restaurer progressivement la confiance dans ses perceptions, et de retrouver davantage de liberté dans ses relations, ses choix et ses projets.
L’objectif est que l’expérience traumatique puisse progressivement s’intégrer à l’histoire de la personne et avoir moins d’impact sur sa manière de ressentir, de réagir, d’entrer en relation et de faire des choix.